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Eclatobulle

Le BOY : La Croix de fer

8 Avril 2013 , Rédigé par Eclatobulle Publié dans #Essai

Episode 3 : La Croix de fer


Au JT du soir, le meurtre de sang-froid perpétré par un tueur à moto, dans la courbe de Babylone à Villeneuve d’Ascq faisait la une sur toutes les chaînes. Après deux mois de tranquillité, tous replongeaient dans le cauchemar sanglant.


La soif de sang de ces motards de la mort semblait difficile à étancher. Les spéculations allaient bon train. A la préfecture de Police, les petites, les moyennes et les grosses huiles se liquéfiaient. La trouille était remontée à son maximum et on s’attendait au pire.


“C’est El Mojito qui a été liquidé ! Vous savez qui c'est, El Mojito ? Quel est le malade qui a osé flinguer, en plein jour en plus, le demi-frère de Caldéra ? Et c’est quoi ce putain de code là sur la poitrine de ce connard : 7 - 12 - 1/1 ? Je veux trois bagnoles en face de chez caldéra jour et nuit. Je veux des types embusqués tout autour du golf qui donne sur l’arrière de l’Hacienda, compris ! Bougez-vous le cul, merde !”


Simon Dampierre était le chef de la brigade anti-gang et il était venu spécialement de Paris pour prendre les choses en main à Lille. Dorénavant, tout était en place pour mettre un terme rapidement à cette escalade de violence et des pistes, tous étaient certains qu’ils allaient en trouver.


Les flics avaient finalement réussi à infiltrer le milieu et on cherchait activement le Boy. Ce nom, tout le monde le connaissait à Lille, mais il avait été donné pour mort il y a vingt-deux mois, dans une fusillade en région parisienne. A la crim’ d’ailleurs, son dossier était classé.


“Le Boy ? Mort et enterré !” avait-on répondu.


Dampierre, furieux, avait rétorqué que les morts étaient apparemment bien vivants et qu’ils prenaient un malin plaisir à jouer à la faucheuse.


Dampierre sortit de la Mairie de Lille à vingt-trois heures dix-huit exactement. Il avait besoin de réfléchir. Il faisait doux et il respira à fond. Il traversa la place de la République et commença la remontée de l’Avenue de la liberté. La circulation était plus calme à cette heure-ci.


Sur le trottoir, personne à part un couple qui avançait main dans la main, juste devant lui. Il pouvait entendre des bribes de leur conversation.


“… et il aura Sophie aussi ?” demanda la fille.


“Oui, Sophie, son homme Richard et ils ont réservé la salle de réception, ca va être une belle fête… quarante ans, tu te rends compte ! Il ne les fait pas !”


“Oh si, largement !“ coupa la fille. “Tu n’es pas une femme, tu ne vois pas les détails !”


Dampierre s’arrêta et laissa le couple partir devant lui. Il fouilla dans sa poche et sortit son téléphone, un message s’afficha : “Coucou Chéri, bisous du soir, envie de te voir ! Clo !”


***********


Caldéra n’était pas d’humeur. “Il me faut du poulet, ce soir j’en veux un ! Démerdes-toi mais trouves-moi un bon gros poulet ?” A l’extérieur de l’Hacienda, plusieurs bagnoles de flics avaient pris position. Caldéra s’en foutait. “Ce soir, tu m’entends ! Appelles moi sur le pré-payé pour me dire où et quand ? Tu as compris, ce soir ! Là, je me casse !”


Trois voitures sortirent en même temps de l’hacienda, les flics se lancèrent à leur suite. Caldéra ouvrit la porte dissimulée qui donnait dans la ruelle, sur le côté de la maison. Il franchit la porte d’en face et referma immédiatement derrière lui. Les maisons environnantes lui appartenaient également, mais ça, les flics l’ignoraient.


Il fut sur Lille en quinze minutes seulement. Déguisé en Monsieur Tout-le-Monde ou presque, il s’installa au Mac Donald au bout de la rue de Béthune. Il attendit.


Son portable vibra et un message s’afficha. “Dampierre, chef de l’anti-gang. Il sort maintenant, direction Beaux-arts, par l’avenue”


Caldéra fut dans la rue en quelques secondes. Il rejoignit l’avenue et regarda en direction du musée. Une silhouette avançait tranquillement sur le bord de la route. Il pressa le pas sur le trottoir opposé.


Il constata que la rue était calme à cette heure-ci. Un couple marchait devant un homme seul.


Caldéra avait une cinquantaine d’année, très grand, un mètre quatre-vingt-dix-huit, quatre-vingt dix kilos. Il passait chaque jour trois heures dans sa salle de musculation. Il décollait régulièrement des barres de 185 kilos. C’était une force de la nature. Face à lui, ils étaient peu nombreux à faire le poids. Il pratiquait la boxe chinoise.


L’homme seul s’arrêta. Le couple juste devant lui continua sa route. Caldéra traversa les deux premières voies de l’avenue. Il était à présent sur le terre-plein central. L’homme consultait son portable. Il le rangea et se remit à marcher.


Caldéra franchit d’un bond les deux dernières voies et fut très vite derrière l’homme seul.


“Monsieur Dampierre ?” lança-t-il vers l’homme qui lui tournait le dos. L’homme se retourna et dit “Oui…” Caldéra était déjà sur lui avant qu’il ne finisse sa phrase. Il enfonça son poing dans le ventre du flic et l’air contenu dedans s’échappa. Il le chopa par le cou et l’emmena dans le petit square derrière le musée. Caldéra vérifia qu’ils étaient seuls.


Un clochard dormait là. Il jeta Dampierre devant lui. Il attrapa le vagabond à la gorge et serra. Un craquement d’os se fit entendre. Dampierre était au sol et il commençait à ramper. Il s’approcha et le stoppa avec son pied.


“Hop, hop hop, mon poulet, tu vas où comme ça ? On va causer toi et moi !”


Il releva Dampierre et l’emmena dans l’angle du bâtiment. Il n’avait aucun mal à le tenir. Dampierre devait mesurer un mètre soixante-dix à tout casser et il n’était pas bien épais.


“Tu sais qui je suis, mon poulet ?” dit doucement Caldéra.


“Oui Caldéra !” Il n’y avait pas de peur dans les yeux du poulet.


“Bon, bon, dis moi mon poulet, il est où mon frère ? J’aimerais beaucoup le voir.”


“Le voir ? Ce qu’il en reste en tout cas… celui qui a buté ton demi-frère devait avoir les nerfs pour lui faire ce qu’il lui a fait ! J’ai rien à te dire là-dessus, l’enquête est en cours !”


“Ben moi, je te dis que tu vas me dire où il est et ce que tu sais et tout de suite car vois-tu, poulet, je suis un peu énervé, là !” Et ce faisant, il lui brisa net l’avant-bras droit. Dampierre hurla.


Caldéra lui fourra un tissu dans la bouche.


“Ta gueule, mon poulet, c’est pas toi qui décide, pigé ? Dis oui de la tête si tu as compris ? Alors pour la deuxième fois, je te demande. Il est où mon frangin et dis-moi ce que tu sais, poulet ?”


Dampierre avait horriblement mal au bras, qui pendait dans sa veste. Il fit néanmoins un geste de consentement de la tête. Caldéra ôta le tissu.


“On ne sait rien, il n’avait plus que la moitié du visage et un code à la con sur le torse, gravé au couteau apparemment. 7 - 12 - 1/1 ! Ton frère est à la PJ de Lille, on attend pour l’autopsie. Putain, j’ai mal ! Je suis un représentant de l’ordre public Caldéra, tu n’as pas le droit de me maltraiter ainsi ! Tu sais pour combien tu vas en prendre ?”


“7 - 12 - 1/1 ? C’est bien ça poulet ? T’es sûr du code ?”


“Oui…”


Caldéra fourra à nouveau le morceau de tissu dans la bouche de Dampierre et lui brisa le second avant-bras. Il jeta le flic au sol et sortit son couteau.


“Poulet, je vais te découper !” Un éclair de démence sanguinaire passa dans ses yeux. Il se rua sur Dampierre et lui arracha tous ses vêtements. Il égorgea d’abord sa victime et de cette entaille, le sang commença à gicler. Caldéra lécha sa lame et goûta la chaleur du sang de Dampierre. “Hummmm ! Il est bon ce poulet !” lança-t-il vers le ciel et les étoiles.


Puis il continua. Il éventra l’homme comme un boucher découpe un porc à l’abattoir. Ses gestes puissants et précis traçaient des lignes rouges sur le corps sans vie. Il arracha le bras droit, puis le gauche. Il démembra sa victime. Il découpa les testicules et le sexe. De la pointe du couteau, pour finir, il ôta les yeux de leurs orbites.


“Œil pour œil, mon poulet !” Son rire déchira la nuit et il éparpilla les restes de Dampierre sur la cour vitrée située derrière le musée.


**********


“Un crime horrible. Une barbarie sans nom”


C’est ainsi que titra la presse lorsque la mort sauvage du chef de l’anti-gang fut rendue publique. Après les voyous, on s’en prenait aux représentants de l’ordre public. Lille et ses environs étaient devenus une terre de non-droit.


On évoquait à présent une possible intervention de l’armée et l’instauration d’un couvre-feu. Le Boy savait que Caldéra avait pété un plomb suite à la mort de son demi-frère. Ne pouvant se venger en attrapant le Boy, il s’était calmé les nerfs sur un poulet.


Le Boy avait donné rendez-vous à Caldéra. Le code gravé sur le torse d’El Mojito était très clair pour celui qui savait le déchiffrer.


7 - 12 - 1/1


******************


Après avoir soulagé ses nerfs sur le flic, Caldéra avait regagné tranquillement l’hacienda. En rentrant, il avait communiqué à ses deux derniers lieutenants le code transmis par le Boy sur le cadavre de son demi-frère.


“Maintenant, on connaît ses intentions au Boy. Il veut ma place, ce fils de pute veut ma place. Et il me siffle comme un valet pour lui torcher le cul… on a quinze jours avant le 7 pour trouver cet ordure et lui faire la peau… On en est où avec le mec que vous avez chopé hier ?”


La veille, les hommes de Caldéra avaient investi une maison sur Lomme. Un dealer avait repéré un type à moto. Ils l’avaient séquestré chez lui.


“Il a parlé, c’est Bouba qui s’y est mis personnellement ! Apparemment, il est en cheville avec un type qui s’appelle Mike, motard lui aussi. Ils se voient tous les mardis, à treize heures, dans un bled qui s’appelle Beuvry, c’est à trente bornes d’ici. Mardi, c’est demain et on ira au rendez-vous, mais de loin.”


Le lendemain, les hommes de Caldéra n’eurent pas de mal à suivre le motard qui avait attendu son rendez-vous mais ce dernier, pour cause, n’était pas venu. A distance, ils le filèrent jusqu’à un petit village à quelques kilomètres de là. La moto rentra dans ce qui était apparemment une ferme restaurée. Cinq mecs prirent position dans les environs, dans les bosquets et ils planquèrent autour de la ferme pour voir ce qui en sortait.


Très vite, la traque fut pliée.


“T’es sûr de toi ? Tu l’as vu, la Belle est avec lui, son mioche aussi… salope, j’aurai dû la buter cette sale pute ! Ok, vous rentrez tous immédiatement sans vous faire repérer, NOW !”


Deux heures plus tard. “Ils sont quatre mecs, dont le Boy, la Belle et son morpion en plus. Non, je suis sûr, personne d’autre !” Voilà ce qu’avait rapporté le petit Miguel à Caldéra. Quatre mecs, une pute et un mioche, ça semblait être facile à présent et Caldéra allait avoir sa vengeance. Le Boy, il le regarderait mourir, doucement, très doucement et il ferait bouffer ses couilles par la belle !


“Appelles les gars, on fait ça demain soir !” ordonna Caldéra.


******************


Le vingt-huit juin.


C’était une journée du début de l’été, plutôt belle.


“Une journée idéale pour un barbecue !” avait lancé le Boy. Les “runs” continuaient sur Lille mais à un rythme moindre car le rendez-vous approchait. Le 7, c’était dans dix jours et Caldéra et lui s’affronterait.


“Mike, fais venir tous les mecs ce soir, tous, tu as compris ! Aujourd’hui, c’est fête ! Mais attention, tu la joues profil bas ! Tu donnes rendez-vous loin d’ici et tu mets tout le monde dans un fourgon. Je ne veux pas un ramdam de motos chez les bouseux, compris !“ Le Boy fila du blé à Mike et il prit congé.


La Belle était allongée sur une chaise longue et elle profitait du soleil et de la chaleur sur son corps. Il s’approcha. Elle devina sa présence et se releva.


“Alors le Boy, ca va comme tu veux ?” demanda-t-elle.


“Ouais, c’est possiblement possible la Belle !” avait répondu le Boy. La Belle sourit en entendant sa réponse. Elle ne savait pas pourquoi elle avait posé la question car elle connaissait d’avance ce qu’il dirait. Les yeux sombres du Boy parcouraient son visage, calmement, en détail.


“Comment tu te sens, la Belle ?” interrogea-t-il.


“Impecc’ le Boy, tu me fais la vie de princesse ! Regardes Jacob, il rayonne.” Elle prit une clope et l’alluma. Elle en proposa une au Boy qui l’accepta. Le Boy sortit son feu et grilla le bout de la clope.


“Tu sais la Belle, ce soir, on va faire la fête avec les mecs, le mieux, c’est que toi et le gosse, vous ne soyez pas là !” Il tira sur sa cigarette et relâcha la fumée aussitôt.


“Ah… tu décides une fête comme ça le Boy ? Je vais faire quoi chez les bouseux, je ne connais personne ici moi !” déclara la Belle, ennuyée.


“J’ai appelé Sonia, elle vient vous prendre à dix-neuf heures !”


*************


Sonia était pile à l’heure. La Belle était un peu furax de s’être fait virée, mais il était comme ça le Boy. Elle lui pardonnerait.


Vingt heures. Deux fourgons entrèrent dans la cour carrée de la ferme et les lourdes portes se refermèrent derrière eux. Au volant de chacun des camions, Tony et Mike.


Frédo et le Boy les attendaient. Ils ouvrirent les portes arrière et les hommes à l’intérieur commencèrent à sortir.


“Putain, c’est pire que du bétail !” Les mecs râlaient et on pouvait les comprendre mais le Boy avait décidé.


Très vite, la fête battit son plein et les mecs buvaient et bouffer comme des porcs.


Il était vingt-deux heures-trente quand la nuit s’installa. Les hommes devinrent des ombres ondulantes sur les murs de la ferme. C’est l’heure à laquelle Caldéra passa à l’action. Tout avait été millimétré et en quelques minutes seulement, l’affaire fut réglée. Tous les mecs gisaient là par terre. Le travail fut terminé à l’arme de poing.


“Trouvez-moi le Boy !” avait ordonné Caldéra. On chercha mais très vite, on annonça.


“Il est pas là !” Caldéra, furieux, s’approcha du tas de cadavre. Pas de traces du Boy…


Caldéra releva la tête et sentit l’air alentour. “Ce fumier nous attendait !” cria-t-il. Lui et ses hommes étaient là au milieu de la cour, entre quatre murs de prison et le Boy n’était pas là.


“Le Boy !” hurla-t-il. “T’es où le Boy ?”


D’énormes projecteurs s’allumèrent sur les quatre côtés de la cour et tous en furent complètement aveuglés. Les hommes de Caldéra, sentant le piège se refermer, commençèrent à tirer en tous sens. Très vite, ils furent à court de munitions. Le silence revint.


“Alors le Boy, où tu te caches ordure, c’est entre toi et moi à présent ! Et tu le sais, connard ! Viens m’affronter le Boy, viens donc me prendre la Croix de fer si tu as des couilles !” Caldéra porta la main autour de son cou et toucha le collier au bout duquel pendait la Croix de fer, symbole de son autorité sur le milieu lillois.


Une porte s’ouvrit sur la gauche de Caldéra et quatre mecs firent leur entrée dans la place, éclairée comme en plein jour.


Le Boy était devancé de ses trois lieutenants, tenant chacun des armes lourdes. Il prit la parole.


“Merci les mecs pour avoir fait le ménage, ca tombe pile poil !” lança-t-il sur un ton cynique.


Il se dirigea vers Caldéra et s’arrêta à quelques mètres de lui. Il planta son regard noir, transperçant, dans celui du chef lillois.


Le Boy dit : “Allez !”


Ses trois lieutenants se dirigèrent vers les hommes de Caldéra et les firent sortir par la porte de derrière. Ils refermèrent la porte à leur suite. Ce fut le silence. Après deux minutes, des salves d’armes lourdes retentirent, claquant brutalement dans la nuit, puis plus rien.


A présent, Caldéra et le Boy étaient seuls dans la cour éclairée.


“T’es un malin le Boy et tu es bien renseigné. Comment tu as su que j’avais prévu de te faire la peau ce soir ?”


“Je t’ai à l’œil mon gars, depuis le début. J’ai installé des cam tout autour de chez toi. Alors ton ramdam d’hier soir… je me suis dit que tu viendrais nous faire une petite visite ce soir, avec quelques potes à toi, ceux qui restent ! Là, je crois que tu es tout seul maintenant.” Le Boy ouvrit sa chemise et la laissa glisser au sol.


“1/1… tu as apporté ton couteau mon gars, j’espère ?” demanda le Boy.


“Ouais, j’ai mon couteau et j’ai même l’intention de couper tes couilles avec et de les faire bouffer à la Belle ! Elle est où cette pute ?” cracha Caldéra. Il enleva à son tour sa chemise. Le Boy ne lâchait son hôte des yeux.


Les deux hommes se faisaient face, leur couteau à la main. “Tu sais qui j’ai étripé avec il y trois jours ?” lança-t-il au Boy en regardant sa lame.


“Ouais, je lis les journaux mon gars ! C’est facile de se faire un poulet… Approche, je vais te tatouer mon nom sur ta queue !”


“Toi, me tatouer ma queue… je vais te crever, ordure !” Caldéra se rua vers le Boy qui esquiva avec agilité. Il attaqua. La pointe de son couteau fendit l’air et atteignit l’épaule du colosse. Tous deux étaient des maîtres dans l’art raffiné du maniement des armes blanches. Le couteau était un prolongement naturel de leur bras. Les deux gladiateurs, dans l’arène de lumière, rivalisaient d’adresse. A l’estafilade répondait l’entaille.


Caldéra était un démon et il tentait par tous les moyens d’attraper le Boy. Au corps-à-corps, il savait qu’il était le plus fort. Il dominait largement le Boy en taille, en poids et en force pure. Il ne craignait personne et sa main libre était un étau dont il fallait vraiment se méfier, à chaque seconde.


Mais le Boy anticipait à chaque fois les mouvements de son adversaire. C’était là sa force, son avantage peut-être… Il enchaînait des gestes, qui en appelaient d’autres en réponse chez Caldéra.


L’un récitait ses gammes, l’autre ressentait d’instinct… Il lança un autre mouvement et il sut. La danse macabre commença. Caldéra vira à droite et le Boy bascula sur sa gauche, tout en lançant le bras vers sa cible. Parade logique de Caldéra et en retour, le Boy plongea vers le sol. Caldéra crut prendre l’avantage et avança. Le piège allait se refermer.


Vif comme le cobra, le Boy se saisit du poignet de son adversaire et tira vers lui. Caldéra perdit l’équilibre mais sa tonicité lui permit de faire volteface. Le Boy était déjà sur lui… il tailla en direction de la main de Caldéra, qui lâcha le couteau. Le métal tinta sur le pavé. La lame du Boy était sous la gorge du géant à présent.


“Tu brûleras en enfer, le Boy…”


D’un geste précis, le Boy enfonça sa lame dans le cœur de Caldéra, arracha la Croix de fer et, en le regardant mourir, dit :

 

“C’est possiblement possible !”


Son regard noir brilla, il n’ajouta rien de plus.

 

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