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Eclatobulle

Il y a deux cent quatre jours…

21 Janvier 2011 , Rédigé par livre.eclatobulle.over-blog.com Publié dans #Autobiographique

 

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Il y a deux cent quatre jours…


… c’était le deux juillet. Il était huit heures du matin, et pour la dernière fois, dans la salle de bain, il a serré son corps nu dans ses bras. Il savait que c’était la dernière fois qu'il sentirait son cœur battre contre le sien.

 

Son regard s'est attardé sur la courbe de sa hanche, a glissé sur la rondeur de ses seins. Puis il a fini sa course dans l'enchevêtrement de ses boucles blondes, pour finalement se perdre dans l'immensité de ses yeux gris bleus merveilleux. Ils se sont échangés un baiser dont ses lèvres gardent encore la trace…


Puis il est parti travailler. En fermant la porte derrière lui, il mettait au tombeau une existence, une vie de famille, deux amours éperdus. Il a enfin pu commencer à pleurer…


Deux cent quatre jours et ce matin, des larmes coulent sur ses joues et glissent jusqu’à la commissure de ses lèvres. Le réveil va sonner dans quelques minutes et comme tous les matins, sa journée commence par des pleurs. Sa main s’égare sur la droite, la place est vide et le lit est froid… Elle n’est plus là !


 

“Où es-tu, ma Loo ?” rêve-t-il...

 

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Les jours succèdent aux nuits, les semaines aux non-semaines, les mois aux mois… deux cent quatre, c’est le nombre de jours qui les séparent, et cette faille s’élargit un peu plus, à chaque seconde, sans l'espoir du retour, sans vouloir le retrouver, sans lumière, sans vie, sans envie ni plaisir.


Deux cent quatre jours d’une vie anorexique, sans rien qui brille, sans sourire sous un rayon de soleil, sans s’émerveiller à la vue d’un joli nuage, sans la petite étincelle qui a tant fait pétiller ses yeux. Deux cent quatre jours et autant de nuit de solitude qui ne l’émeuvent plus…


Deux cent quatre jours d’indifférence, à le savoir le cœur rempli d’amour orphelin, sans la moindre attention ni mot tendre… sans la moindre petite chance !



Si il ne se commande pas d'aimer,


arrêter d’aimer ne peut guère plus s’imposer…


dans une parfaite réciprocité


à l'encontre de la plus farouche volonté


 

Alors commence pour lui la descente vers les enfers. Les portes du néant s’ouvrent en grand devant lui et le vide l'attire à lui implacablement. La danse macabre peut ainsi commencer. L'homme se croit fort, qu'il va être capable de lui résister. Il se dit qu’avec le temps, cela passera. Oui, peut être pour lui, elle, l’autre, mais pour soi, quand on est seul face à cette chose affreuse, la raison n’a plus cours.


Tout n’est plus que déchirure, que souffrance, que malheur, que noirceur et le mal ronge l’âme blessée. Il s’en empare et le dépouille toujours plus de sa substance. Deux cent quatre jours à se dire que c’est fini, deux cent quatre jours à se l’entendre dire, à le comprendre, à vouloir plus que tout se faire une raison, à le vivre…


Deux cent quatre jours à pleurer tous les jours et ce soir, alors que vingt deux heures s’affiche sur l’horloge digitale du mac, il sait déjà que les larmes couleront à nouveau pour un deux cent cinquième jours.



La vérité est qu’au-delà du temps, cela ne cesse


ni la souffrance, ni l’amour, ni la tristesse !

 

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Laury 27/01/2011 10:38


ça fait mal ton récit, il est bien écris.
passe une belle journée.
bisous.
Laury


reinette 22/01/2011 17:43


beau récit que j'ai lu avec plaisir.
bonne soirée


livre.eclatobulle.over-blog.com 22/01/2011 18:40



Reinette, je te remercie et je souhaite également une très bonne soirée. Sois toujours la bienvenue sur Eclatobulle pour me faire part de tes ressentis, qu'ils soient bons ou plus nuancés.


Cordialement


FRED



Lecteur-sur-le-net 22/01/2011 09:33


Très jolie prose poétique. Bravo pour ton blog que je découvre!


livre.eclatobulle.over-blog.com 22/01/2011 09:52



Merci Lecteur sur le Net pour ce gentil commentaire du matin. Sois le bienvenu sur Eclatobulle quand tu le souhaites.


A bientôt


FRED