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Eclatobulle

Face au mur

17 Janvier 2011 , Rédigé par livre.eclatobulle.over-blog.com Publié dans #Autobiographique

Face au mur

 

Que me faut-il donc faire ? L’escalader, le contourner, m’arrêter ? Je réfléchis à ce mur qui se dresse devant moi et je me demande sa raison d’être. Je le regarde et je le trouve bien trop haut pour moi. Peut-être ai-je de trop grandes limites dans la tête pour arriver à le franchir, ce mur, qui d’ici bas me semble tellement insurmontable ?

 

Pourtant, je ne vais pas pouvoir rester au pied de ce mur tout le restant de mon existence. Il va bien me falloir trouver la solution et passer par-dessus.

 

Je ferme les yeux et je pense. Je pose les mains sur ce mur, j’essaie d’en sentir la vie qui palpite peut-être à l’intérieur. Au contact de ma main, le mur est froid et sa surface est lisse. Rien, ce mur est sans vie, sans intelligence, il ne réfléchit pas. Il n’y a pas la moindre fissure dans ce mur, pas un trou dans lequel je pourrais glisser les mains et les pieds pour me hisser de l’autre côté.

 

Mes mains glissent sur sa surface lisse et je désespère d’en trouver les failles. Quand soudain, je sens monter une colère en moi... je vais détruire ce mur qui m’empêche d’avancer, de poursuivre ma route. Mes poings se serrent et je commence à frapper dans ce mur. De rage, j’essaie de le détruire, mais il est inébranlable. Il est résistant et sa volonté est inaltérable face à mon être fait de chair et de sang.

 

Je le sais, la lutte est inégale et je vais probablement perdre ce combat. Déjà, mon sang rougit sa surface lisse et je souffre maintenant physiquement. De souffrance intérieure, je suis blessé à présent.

 

Les poings ensanglantés, des larmes pleins les yeux, je suis là, au pied de ce mur, impuissant. Je fais deux pas en arrière, puis trois, puis quatre, je prends un peu de recul, pour regarder ce mur dans son ensemble. Peut-être la solution est-elle ailleurs ?

 

De quels moyens je dispose pour franchir ce mur. Je fais le point sur le rapport des forces en présence. Le mur est là et il est infini. A droite comme à gauche, je n’en vois pas la fin. Il est haut, bien trop haut. Il est constitué d’une pierre froide, grise et lisse. D’un autre côté, je suis là, je suis seul, je suis nu. Je n’ai rien d’autre que mon être pour me mesurer à ce mur froid et lisse. Je regarde autour de moi et un désert s’entend à perte de vue. Je regarde au-dessus de moi et le ciel n’existe plus. Tout est blanc et vide. Je suis dans le néant face à un mur gris, froid et lisse.

 

Je subis sa présence et je comprends. Je suis la vie et ce mur est la mort. Je suis intelligence et ce mur est ignorance sourde et aveugle. Je suis envie et lui est dégoût. J’avance et lui est immobile. Je suis conscience et lui est inconscience. Je suis amour et lui n’est que haine.

 

Je m’allonge sur le sol et je meurs. Un an passe et de ma dépouille il ne reste que des os blanchis. Un siècle s’écoule et mes os ne sont plus que poussière... mais soudain, le vent se lève.

 

Il m’emporte, me transporte et finalement, je franchis le mur. Je retombe en pluie fine sur le sol et le vent qui souffle me disperse en mille endroits. A nouveau, j’avance.

 

 

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Laury LM 19/01/2011 19:10


intéressant ton récit :-)
bonne soirée. Amicalement.