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Eclatobulle

Entre terre et mer

12 Mars 2013 , Rédigé par Eclatobulle Publié dans #Moments de vie

 

2

 

 

Une âme défigurée, dévastée, salie, humiliée et épuisée d’avoir tout porté à bout de bras pendant des années, telle avait été sa vie. Une existence de non vivre, de non être comme l’est la vie de nombreuses femmes en vérité. A bout de force, soutenue par une poignée d’amis vrais, elle avait dit non et elle était partie.

 

Au gré des vents, tel un bateau ivre et sans amarres, sur la mer calme de sa vraie vie, elle voguait librement à présent.

 

Elle s’était laissée convaincre d’aller à cette soirée. C’est là qu’ils se sont rencontrés.

 

“Magalie, je te présente Grégoire !”

 

“Grégoire… J’aime bien ses yeux ! Il a du charme et il a l’air simple !” s’était-elle dit pour elle même.

 

Ils parlèrent, surtout lui. Elle ne l’avait jamais rencontré avant. Il avait un peu d’humour. Il n’avait pas l’air bien méchant. Il était grand et c’était différent. La soirée avançait, et la compagnie de Grégoire n’était pas déplaisante. Il était un peu plus âgé qu’elle, c’était un plus. Il avait de la conversation. Ce n’était pas Einstein mais il s’exprimait avec cohérence. Il parlait peu de lui et elle apprécia.

 

C’était un vrai célibataire, un aguerri,

 

et cela chanta en elle comme une litanie.

 

“Il est autonome !” pensa-t-elle. “Finis les pauvres petits garçons incapables de se débrouiller seuls…”

 

Très vite, la conversation l’enivra et les points communs firent alors leur apparition. Grégoire lui plaisait. Elle pouvait constater que la réciproque était vraie. Il était sûr de lui, plein de bon sens. En fin de compte, c’était un garçon simple et terre à terre. Elle qui avait vécu si longtemps avec un extra-terrestre, avait-elle envie d’autre chose finalement… Alors, elle osa.

 

“Tu sais Grégoire, je ne cherche pas à m’engager, je ne veux plus me faire chier avec un mec à la maison. Je sors d’une longue et épuisante histoire. Je veux vivre à présent, j’ai donné en tant que femme mariée, j’ai repris ma liberté, ce n’est pas pour me la faire reprendre. Je veux que tout soit clair entre nous. Tu me plais, j’aime tes yeux. Mais si tu es d’accord, je veux juste que l’on couche ensemble. Je ne te fais aucune promesse, sauf de me rendre dispo quand tu as envie de me voir ! Je ne te demande pas la fidélité, tu es libre d’en voir d’autres en plus de moi !” Magalie avait bien réfléchi à tout ça et elle ne voulait plus rien d’autre qu’un sexfriend. C’était moderne et branché, elle s’en foutait.

 

Elle n’était pas inquiète. Grégoire, elle l’avait deviné, était du même avis qu’elle et les bases du contrat furent rapidement entérinées.

 

Aussi, lorsqu’il lui proposa de finir la soirée chez lui, elle accepta. C’est ainsi qu’elle se donna à lui pour la première fois. Elle en avait très envie et elle se libéra complètement la première fois, criant son plaisir retrouvé. Ils firent l’amour une seconde fois, tout en douceur et les minutes devinrent des heures. Puis une troisième fois. Elle semblait insatiable, lui s’enfonçant toujours plus fort en elle. Elle, se convulsant toujours plus, jusqu’à l’extase… et vers l’instant libérateur de sa jouissance.

 

Il était tard lorsqu’ils s’endormirent, elle contre lui, chose qu’elle ne faisait jamais. Elle en avait tellement envie après tout ce temps. Il était temps, c’était une femme après tout et encore jeune. Elle savait plaire.

 

Au petit matin, les yeux lourds du plaisir que Grégoire avait su si bien lui donner cette nuit, elle se sentit assouvie. Une main caressa le bord de son sein, remonta le long de l’auréole. Une vague de désir s’empara d’elle à nouveau, instantanément. Elle se retourna et elle l’embrassa, les yeux mi-clos. Les mains de Grégoire étaient douces, apaisantes. Elles sillonnaient son corps avec passion, fouillaient parfois les endroits plus sauvages. Leurs sexes s’unirent à nouveau follement et l’éternité se fit en elle. Grégoire était un délice, une douceur pénétrante qu’elle goûtait à nouveau. Entre fougue et tendresse, il avait pris le parti de la combler et elle avait choisi de se laisser prendre, encore et encore.

 

Lorsque la communion de leurs sens s’acheva, la réalité revint. Grégoire était un bon amant, simple et tendre. Et parfois, sauvage et surprenant.

 

“Je dois filer ! Dans 2 heures, je dois récupérer mes enfants !” annonça Magalie

 

“On se revoit quand ?” demanda-t-il.

 

“On déjeune un midi si tu veux, la semaine prochaine ?” dit-elle.

 

“Non, la semaine prochaine, je ne suis pas là, je bosse ! Bon, je t’appelle. Tu me donnes ton tél ? Tu t’appelles comment au fait, moi, c’est Grégoire Duflot”.

 

Ils avaient fait l’amour comme dans un roman, sans même connaître le nom de l’autre…

 

“Moi, c’est Magalie Dutertre, tiens voici mon numéro de portable. En principe, les semaines paires, je suis libre comme l’air !” lança-t-elle un sourire entendu sur les lèvres. Ils s’embrassèrent longuement puis elle descendit. Grégoire habitait un appartement au deuxième étage. Un endroit simple, et comme elle, il semblait assez bordélique.

 

Elle monta dans sa voiture et s’extirpa rapidement de l’agglomération. Elle s’engagea sur l’autoroute. En chemin, elle repensa à Grégoire et à leur nuit de baise. Un bien-être l’envahit de nouveau. Elle avait encore envie de lui. Elle était contente car à présent, elle avait la vie qui lui convenait. Elle se sentait libre comme l’air, libre d’elle même, d’avoir ce corps et ce garçon quand elle le voudrait, sans promesse et sans le poids du quotidien qui l’avait tellement étouffée. Enfin, elle se savait accomplie, assouvie et sans attache.

 

Au fil des semaines, puis des mois, Grégoire se révéla être à la hauteur de ses espérances. Ils se voyaient de temps en temps, c’était simple et sans prise de tête.

 

Il aimait ses manières et son élégance élancée. Il aurait aimé plus d’elle. Il lui disait qu’elle était belle.

 

Sûre de ses choix et de ses désirs, elle s’affirmait à chaque fois un peu plus, toujours plus dominatrice.

 

Elle était la question et lui la réponse unique.

 

Elle était le problème et lui la solution physique.

 

Elle était dure parfois et lui souvent douceur.

 

Elle était indécence et lui délivrant et joueur.

 

Elle était son désir d’absolu, sa voltigeuse,

 

parée de dentelles et chaussée de talons, vertigineuse.

 

Il était posé, solide et tellement sûr de lui plaire

 

avec son beau regard et les pieds bien sur terre.

 

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