Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Eclatobulle

De carence en errance, la vie avance... Quelle drôle d’idée, la Résilience !

22 Octobre 2010 , Rédigé par livre.eclatobulle.over-blog.com Publié dans #Sentiments

On se demande parfois si la vie que l'on mène à un sens... On se sent seul, perdu, vide ! Et puis on se souvient qu'il suffit juste d'allumer la lumière pour y voir un peu plus clair !

 

Bonne lecture

 

De carence en errance, la vie avance...


Quelle drôle d’idée, la Résilience !

 

Il y eut le temps du doute… puis il s’était enfui, par lâcheté probablement, par traîtrise, sûrement. Vint alors celui de l’évidence et ce fut le choc !

 

Les nuits furent longues… Les choses n’allaient pas s’arranger car les jours raccourcissaient encore. C’est normal, c’était l’automne.

 

“Faut faire avec !” comme me disait hier le vendeur au kiosque où j’achète mon journal le matin. Très philosophe ce monsieur et puis, tellement plein de bon sens... un sens pratique, à coup sûr !

 

Il avait toujours une banalité fatale à sortir... “Faut pas s’en faire, c’est la vie !” “Faut le dire, le meilleur est à venir !” “Faut sourire à la vie, elle vous sourira, hein m’sieur, j’ai pas raison ?” “Faut pas se poser de questions !” “Faut voir comme la vie est belle !” “Faut profiter du temps qu’on a !” Faut, faut, faut...Faux !

 

Non… non, je n’étais vraiment pas d’accord avec le monsieur du kiosque, mais à quoi bon le lui dire.

 

“Faut pas s’occuper de ce que pensent les autres, hein m’sieur !” m’avait-il dit une autre fois.

 

De quel droit voulais-je mettre fin brutalement à ses croyances ? Aucun, assurément et pourtant, parfois, l’envie de secouer cette enveloppe vide, bordée de néant, me torturait.

 

Non, en fin de compte je ne le ferai pas. Qu’il reste donc dans l’ignorance... Après tout, moi je savais désormais et je n’en avais rien à faire, j’avais d’autres choses en tête, plus profondes. Ces dernières semaines avaient été éprouvantes pour moi et des préoccupations bien plus importantes que les phrases à l’emporte-pièce de mon libraire m’occupaient l’esprit. Je l’exécrerai, cela me suffirait.

 

C’est vrai, pour oublier le choc, l’envie d’être s’était imposée à moi et depuis, le sommeil avait la fâcheuse tendance à me fuir... Je ne dormais quasiment plus, je bouclais sans fin, seul face à moi-même, aux abords de l’immensité. Devant tout ce vide à combler, la vérité de l’instant laissait la place à une autre, encore plus vraie dans la seconde qui suivait. J’étais convaincu de tout, pour l’être de son contraire juste après. J’avais raison, puis immédiatement tort ! Je savais enfin pour ne plus savoir ensuite... J’errais dans des méandres, j’avais trop de partis à prendre, j’allais au plus simple et c’était compliqué.

 

Parfois, j’en perdais mes mots, alors je retrouvais mes maux. J’avais des certitudes, battues en brèche par des bouffées de tolérance. J’étais toujours sur le fil, confortablement installé dans mon canapé rouge garance.

 

J’y croyais dur comme fer, comme pour mieux perdre la foi. Dieu m’avait-il abandonné ? Avait-il seulement un jour existé ? Je manquais cruellement de tout et j’étais heureux parce que je ne possédais rien.

 

Malgré tout, j’avais franchi un cap, gravi un col. J’étais en état de choc, mais la vie continuait et j’étais le plus libéré de tous. Je n’avais plus de limites, je vivais mes rêves, sans avoir de comptes à rendre, à personne.

 

J’avais une vie bien remplie désormais... Il faut dire qu’avant, je ne menais pas la vie que je voulais. Heureusement, un jour, j’ai ouvert les yeux et je me suis rendu compte... Oh, c’est sûr, je gagnais bien ma vie, j’avais une femme qui m’aimait, deux beaux enfants, une maison à moi, une femme de ménage. Nous partions quatre fois par an en vacances, nous sortions souvent au restaurant, ma femme me comblait d’attentions charmantes. Nos enfants étaient polis, travaillaient bien à l’école.

 

Nous voyions régulièrement nos amis et je faisais un travail qui me plaisait. A bien y regarder, il n’y avait aucune ombre au tableau et pourtant, un jour, je me suis levé et j’ai pris conscience de la pauvreté de cette vie. Je n’étais pas heureux !

 

Je ne faisais que consommer... j’étais moi-même devenu un objet. Je conjuguais le verbe Avoir à tous les temps, à toutes les modes. J’avais oublié l’importance et le sens du verbe Être. Je consommais des biens, je consommais mes amis et en fin de compte, je n’étais rien.

 

Alors, j’ai dit STOP et j’ai tout plaqué ! Ce fut un choc, mais c’était plus simple de tout envoyer promener et de tout recommencer à partir de rien. De toute façon, dans cette vie, rien ne méritait d’être sauvé. Les enfants étaient encore jeunes, et à défaut de comprendre, ils s’adapteraient !

 

L’amour de ma femme, c’était du passé. Au fil du temps, mes sentiments s’étaient usés. C’était devenu trop facile, elle était là et je n’avais rien à faire pour la séduire : elle m’aimait et me le prouvait de mille façons. A quoi bon se battre pour quelque chose que l’on vous donne de bon gré...

 

Et puis j’avais envie de légèreté ! Ma femme était trop sérieuse, trop droite, trop tout, elle m’empêchait de vivre, d’être moi-même, elle m’étouffait ! Elle m’obligeait à être ce quelqu’un d’autre que je n’étais pas et finalement, je m’oubliais.

 

Non, ce temps-là était bien fini et j’en avais assez de me prendre au sérieux, dans cette vie trop bien rangée. Il était temps que je fasse preuve d’un peu d’insouciance. Il en allait désormais de mon bien-être, de ma santé mentale... Sans cela, je serais peut-être devenu fou ! Je voulais regarder la vie différemment. Il me fallait apprendre à lâcher prise sur ce quotidien qui m’oppressait. Les choses n’avaient plus la même importance. J’avais de nouvelles priorités... le travail était devenu accessoire, je voulais vivre avant tout car j’avais découvert le prix de la vie. Je savais maintenant ce qui me faisait envie. J’aimais passer de bons moments avec mes amis, à discuter de choses simples. J’avais envie de rigoler, de me marrer. Je refaisais de temps en temps le monde, pour me donner bonne conscience. Je m’engageais sur des voies inconnues et j’y prenais un plaisir nouveau à découvrir toutes ces choses auxquelles j’avais toujours refusé de m’ouvrir...

 

Je regardais le ciel et je pouvais maintenant m’émerveiller de la forme ou de la couleur d’un nuage. La nature trouvait grâce à mes yeux. Je côtoyais des gens simples qui avaient vécus mille choses et qui me permettait de voyager à travers eux. Je m’ouvrais à l’art et je m’enivrais des visions abstraites d’esprits malades et torturés. J’osais dire “J’aime !” là où j’avais toujours rechigné à le faire. Je m’affirmais en tant qu’être et je m’en délectais à chaque seconde. Je vivais, j’existais à présent.

 

Ah oui, c’était la belle vie, la mienne… jusqu’à ce que s’éteigne la lumière. Alors, la nuit commençait et avec elle, le néant allait avancer.

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

LM(laury) 22/10/2010 13:30


excellente nouvelle dans tous les sens du terme...
tes écrits sont plein de sagesse et facile à lire ..juste ce que j'avais besoin de lire d'ailleurs encore merci ! tu as du talent.
PS: pour le libraire et ses phrases à l'emporte pièce...maintenant je suggère, je lance une phrase et il comprend ce qu'il veut...
Bonne après midi.
Amicalement,
LM.


livre.eclatobulle.over-blog.com 22/10/2010 13:46



Merci Laury pour tes compliments. Amicalement. FRED