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Eclatobulle

Tout le bonheur du monde

13 Juillet 2015 , Rédigé par Eclatobulle Publié dans #Essai

 Tout le bonheur du monde

Entre la Terre et les hommes, cela faisait un bout de temps que le torchon brûlait. D’aucuns disaient qu’entre eux, c’était devenu compliqué. On ne se comprenait plus. Les hommes étaient irrespectueux, dégradant la maison commune, se rejetant les uns les autres la responsabilité des dégâts. Incapables de vivre ensemble, les uns saccageaient l’eau, les autres l’air et les derniers la nourriture. La terre si belle et généreuse autrefois, dépérissait et ressemblait à une décharge à ciel ouvert.

Quand d’un côté on rêvait de diversité, l’autre répandait l’uniformité. C’était évident qu’un jour ou l’autre, la rupture serait consommée.

C’est arrivé, finalement ! C’était pendant l’été, un été chaud durant lequel les hommes entreprenaient avec détermination à se faire la guerre, une fois de plus.

La Terre entra en ébullition, usée de se faire ainsi maltraitée. Bafouée, elle laissa exploser sa colère. Ce fut l’augmentation de la température de ses eaux océaniques d’abord qui mis le feu aux poudres. Un comble !

Jamais les hommes n’avaient imaginé que leur fin viendrait de là ! A Hollywood, on avait pourtant tout envisagé : un astéroïde, une période glacière, une guerre atomique, un lézard géant… bref, tout sauf ça !

Certains avaient pu le constater mais idiots qu’ils étaient, ils pensaient que c’était là un moindre mal. Si l’eau se réchauffe, on pourrait plus facilement se baigner !

En réalité, des forces inouïes étaient à l’œuvre. Sous l’effet de la chaleur, la pression sur l’écorce terrestre s’accentua, ce fut rapide… quelques décennies seulement. Telle une coquille d’œuf sur laquelle on appuie trop fort, la croûte terrestre se craquela et de gigantesques volcans entrèrent en éruption. Ce fut la caldera de Yellowstone qui éclata la première.

Oh, l’affaire fut vite réglée. L’atmosphère fut saturée, irrespirable. La fournaise se renforça et les gaz mortels se répandirent. En fin de compte, pas un homme n’y survécut.

Ce n’était pas la première fois que la terre entrait dans une telle colère. Plus jeune, c’était chose courante mais, se rappelait-elle, c’était dans sa jeunesse.

Là, c’était différent. Pour la première fois, on l’avait poussé à bout : “Trop, c’est trop !” Pensa-t-elle.

L’humanité n’était qu’un épiphénomène pour elle. Dans cinq mille ans, se rassura-telle, elle aurait effacée jusqu’à la dernière trace des hommes. Elle ne connaissait pas le manque, elle aurait tôt fait de faire son deuil et passerait à autre chose.

Après tout, elle aussi avait droit à tout le bonheur du monde !

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